Le monde du motocyclisme en est un de passionnés. On se passionne pour un type de moto, un genre de randonnée. On peut aussi être passionné sur la façon et les moyens de revendiquer les droits des motocyclistes. Les polarités sont bien définies entre les prenants de la manière forte et ceux qui préfèrent des méthodes pacifiques. Il y a ceux qui aimerait plus de moyens de pression, d’autres qui aimerait voir plus de désobéissance civile et d’autres qui préfèrent discuter fermement.Le CAPM fait parti de ce dernier groupe.
En ce qui me concerne, tous les moyens peuvent être valides pour réveiller les instances gouvernementales et le grand public sur la réalité motocycliste, à conditions de faire tout ça en respectant la population et en cherchant plutôt la collaboration que la confrontation en autant que faire se peut.
Dernièrement , j’ai été contacté par un des membres du fameux CAPM qui, à premier abord, me tenait pour responsable de la soi-disante position de notre magazine vis-a vis de CAPM. Pourtant, nous n’étions que les diffuseurs de la prise de position de l’un de nos chroniqueurs. La direction de Motomag estimant que favoriser le débat ne peut qu’être bénéfique pour notre situation et cela même au prix de froisser quelques égos. Malheureusement, certains s’emportent plus aisément que d’autres et cela, des deux cotés. Je me range définitivement du coté des dialogueurs pacifiques et ceux qui me connaisse personnellement savent qu’il faut me chercher très très longtemps avant que je me m’emporte. Après avoir constaté l’escalade des suppositions, des accusations, des vaines empoignades et j’en passe, je décidais d’ajouter mon grain de sel en commencant par remettre les pendules à l’heure. Après tout, je ne suis là que depuis janvier dernier et il me semble qu’il est bon de regarder en avant et non pas en arrière, surtout quand on parle de moto.
. Au lieu de poursuivre un débat infantilisant et stérile entre certains membres du CAPM et un journaliste de Motomag, (qui nous a d’ailleurs quittés depuis mais sans rapport avec les événements), nous avons décidé de nous rencontrer afin de mieux nous connaître ( mon dieu, ça sonne comme un site rencontre!) et d’en apprendre un peu plus sur le CAPM.
Comme son nom l’indique, le Comité d’Action Politique Motocycliste défend les droits des motocyclistes depuis sa fondation, encouragé a l’origine par la fédération motocycliste du Québec. J’ai suggéré à son porte-parole Normand Noiseux et au membre qui l’accompagnait, Christian Bergeron, d’y aller avec une entrevue sectionnelle suivant les quatres mots décrivant ce comité.
Évidemment, il y aura quelques chevauchement mais ils apprécièrent l’idée. Voici donc un résumé de cette rencontre productive qui vous apprendra un peu plus sur ce qu’est le CAPM.
COMITÉ :
-Le CAPM est composé de 70 « membres » qui offrent leur aide bénévolement pour l’organisation. Ils offrent le temps qu’ils peuvent donner pour chaque événements. Ils proviennent, entres autres, de L’Estrie, de Montréal et de Québec. Ils sont souvent dans la fin quarantaine et environ 30% sont des femmes.
-Il y a aussi le C.A. qui est composé d’une dizaine de membres qui dirigent le choix des moyens de pression et qui assistent aux rencontres avec les instances gouvernementales. Sa composition varie mais certains des membres sont là depuis déjà 8 ans.
-Les « partisans » sont les gens qui, spontanément, ont décidé d’encourager financièrement le CAPM dans ses objectifs de défense des droits des motocyclistes et d’éviter les abus.
Le CAPM peut défendre des motocyclistes accusés injustement d’infraction au code de la route en offrant les services d’avocat lorsqu’une cause peut devenir une cause-type d’abus. Il ne peuvent défendre tous les motocyclistes un par un mais essaie plutôt d’établir une jurisprudence.
Dans d’autres cas, le CAPM peut aussi intervenir auprès d’instances municipales afin d’éviter les interdictions de circuler sur un territoire donné. Ils sont déjà intervenu notamment dans les villes de Hudson,Chambly,Joliette et Drummondville. Ils essaient d’asseoir à la même table les associations motocyclistes, les élus, les policiers et les commerçants afin de trouver un consensus.
ACTION(S)
-Leur activité la plus populaire est de loin la journée du loup. Lorsque j’ai posé la question « à quoi ça sert à part participer à une manifestation avec 25000 motos? » Normand m’a répondu que 1- la randonnée montre qu’on existe et 2- elle démontre la solidarité pour la CAPM. Après chaque journée du loup, les organisateurs reçoivent un coup de fil de décideurs et ça leur donne une place à la table de discussion lorsqu’il est question de motocyclistes. Donc, la journée du loup leur donne la crédibilité nécessaire pour parler de la place de la moto sur nos routes. Ça leur permet de rencontrer les ministres,la SAAQ et son président John Arbour,le ministères des transports, les critiques de l’opposition à qui ils fournissent de l’information sur les problématiques nous concernant.
-La CAPM est présent dans les événements où les motocyclistes sont conviés. Il n’assistent toutefois pas aux événement plutôt orienté vers le spectacle où la fête.
-Actuellement, ils travaillent à forcer les policiers à utiliser un sonomètre plutôt que le fameux et stupide « test de la broche » pour vérifier les décibels émis par une moto.
-ils fournissent des conseils d’avocat aux membres et aux non-membres sans discernement.
-ils participent aux tables de travail interministérielles
-Ils ont plusieurs contact avec la FMQ dont plusieurs membres du CAPM font aussi partie.
POLITIQUE
-Ils essaient toujours d’éviter une autre hausse de coût des immatriculation en suggérant d’autres avenues à la SAAQ. Par exemple, ils suggèrent une tarification personnalisée et ce, à tous types de véhicules au lieu du système en vigueur actuellement.
-ils suggèrent aussi une diminution de 50 à 40% quand à la responsabilité du motocycliste lorsqu’il y a accident.
-Ils travaille avec les autorités pour inciter les gens à réduire le bruit en organisant des journées de sensibilisation et des tables de concertation.
-Ils suggèrent toutes sortes de moyens d’intégrer la moto aux solutions proposées pour réduire le trafic et la pollution. Voies réservées, stationnement réservés,circulation entre les voitures lorsque la circulation est bloquée etc.…
-Ils ont déposé un dossier à la ville de Montréal parlant de la moto comme moyen de diminuer nos gaz à effets de serre.(dossier resté sans réponse)
MOTOCYCLISTE
Les membres du CAPM roulent surtout en moto de types customs. Le membership chez les jeunes n’est pas élevé car ceux-ci ont l’impression que le CAPM n’acceptent que les motos customs, ce qui est faux. Les dirigeants ont essayé de lancer 2 comités de motos sportives mais sans succès.
En résumé, qu’on l’aime ou pas, le CAPM est constitué de gens qui ont choisi de mettre du temps, bénévolement, pour défendre les droits des motocyclistes. Bien sûr, on peut tous critiquer les méthodes , le ton ou la façon de faire de ceux qui décident d’agir. Mais il est important d’apprécier le fait que eux, au moins, font quelque chose pour la cause. De notre coté à Motomag, on demeure ouvert aux débats et ouvert aux commentaires lorsque ceux-ci sont constructifs.
Et vous, amis motocyclistes, qu’avez-vous fait dernièrement pour qu’on se fasse aimer et respecter? Avez-vous respecter la signalisation? Avez-vous enlever vos silencieux bruyants? Avez-vous organisé des événements démontrant que les motocyclistes sont gentils et bienveillants? Vous êtes vous fait un devoir de prendre votre moto pour aller au travail pour démontrer que c’est un moyen économique et pratique de se déplacer? Avez-vous été plus loin en faisant de la désobéissance civile comme de circuler entre les voitures dans le trafic ou de stationner sur le trottoir ou entre deux voitures lorsqu’il y a de la place?
Je ne crois pas que la situation des motocyclistes est dramatique au Québec mais il n’y a rien de mieux que d’être proactif quand on veut faire avancer les choses.











